Classé dans : Cosmo.
Lorsque Margaret, ethnologue américaine, débarque en Nouvelle Guinée dans les années 30, elle a une sorte d’idée fixe : analyser les différences entre l’éducation des filles et des garçons et les modes de vie femmes/hommes. Elle va décrire très précisément la naissance, l’enfance, la puberté des sociétés étudiées et montrer comment ces étapes construisent l’univers social des trois peuples (les Arapesh, les Mundugumor et les Chambuli).
Le premier peuple, les Arapesh des montagnes est extrêmement sympathique, c’est un peuple de parents. Sa majeure préoccupation est la bonne croissance des enfants. La naissance du bébé fait l’objet d’un consentement par les deux parents sauf si la nourriture manque. L’attention du père comme de la mère est extrême au bébé; ll est porté dans les lianes les plus douces et câliné en permanence, il est impensable de le laisser seul et ses pleurs sont à éviter absolument.
Pour les enfants Arapesh, le monde se divise en deux : la famille Arapesh et les étrangers (les hommes des plaines). La famille Arapesh comprend une centaine de personnes qui sont les oncles, les frères et les cousins, pareil pour les femmes. L’enfant apprend à faire confiance à sa communauté, à les aimer et se repose en permanence sur elle. Son environnement dans la montagne est assez difficile : il trébuche sur les racines, tombe, se blesse; la famille Arapesh est là pour le soigner et le réconforter.
Les parents sont fiers de la beauté, de la robustesse de leur enfant, attribuées à la nourriture et à la bonne croissance. C’est ce don de nourriture qui constitue la loi, le lien puissant entre les générations et les ménages. “J’ai fourni le sagou, j’ai cultivé les ignames, j’ai tué le kangourou qui ont fait ton corps. Pourquoi n’apportes-tu pas le bois pour le feu ?”
Dès 7 ans, la petite fille Arapesh est fiancée à un garçon de plusieurs années son ainée. Elle part habiter dans la famille de son fiancé chargé de la nourrir. Le lien entre mari et femme est lié au soin et à la nourriture de la petite fille. Les Arapesh sont monogames sauf par devoir, lorsque la veuve d’un frère nécessite de l’aide. (à suivre)
(Ma version très libre du récit de Margaret Mead – Collection Terre humaine – sur trois sociétés primitives en Nouvelle-Guinée, dans la région du Sépik. A lire absolument.)
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