Classé dans : Cosmo.

“Vous remontez vers le Sepik, vous allez trouver des gens sauvages, des mangeurs d’hommes…Ce que vous avez vu, parmi nous [les Arapesh], ne doit pas vous aveugler. Ils sont d’une autre espèce, vous verrez.”
La mission de notre chère ethnologue américaine n’était pas de tout repos et si j’avais pensé être au pays de Jean-Jacques Rousseau, les chapitres sur le peuple Mundugumor m’ont ramené à la dure réalité d’une humanité peu accorte.
Les terribles Mundugumor en 1930 : voilà un peuple océanien agressif, ex-cannibale qui fait froid dans le dos !
Pourtant, leur environnement est plutôt bon : terrains plats, sol fertile, noix d’arec et de coco, sagoutiers pour la fécule et des poissons à foison dans les rivières.
Leur système de parenté est appelé : une “corde”. Une “corde” comprend le père et ses filles, les fils de ses filles, etc. La “corde” de la mère comprend ses fils, les filles de ses fils. Le père n’est pas de la même “corde” que son fils, ne partage ni le même totem, ni les terres; idem pour les frères et soeurs . On comprend dans ce contexte, les pratiques d’évitement, d’hostilité et d’injures entre les membres des “cordes”, exacerbées par des obligations et des tabous jamais respectées.
Vue d’aujourd’hui, la parentalité paraît assez défaillante (!). Margaret montre comment, dès le plus jeune âge, le bébé Mundugumor est élevé dans la dureté et l’hostilité. Autant le sac qui portait le bébé Arapesh était souple et confortable, presque sans barrière avec le corps maternel, autant “le panier mungundor est rude, dur et opaque… Le corps du bébé doit se plier aux lignes rigides du panier”. Lorsque que l’enfant pleure, la mère gratte de l’ongle l’extérieur du panier un bon moment avant de lui donner le sein.
Quand aux enfants, leurs sorts n’est guère plus enviables : la frayeur, les corrections sans compter qu’ils peuvent faire l’objet d’échanges contre les prisonniers.
Parfois les Mundugumor arrêtent les hostilités internes et les razzias (ouf !), pour troquer les poteries et les moustiquaires dont ils ont besoin. Ils organisent aussi des cérémonies qui seront l’occasion d’exhiber les biens : flutes, boucliers de bois, animaux stylisés sur des lances fabriqués par les artisans Mundugumor. (à suivre)
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